«Le match de l’année»

Jusqu’à dimanche, francefootball.fr vous propose de vivre l’avant PSG-OM de dimanche à travers quatre entretiens croisés. Ce samedi, troisième volet avec le face-à-face entre Vincent Guérin, joueur du Paris-SG de 1992 à 1998, et Franck Sauzée, Marseillais de 1988 à 1990 puis de 1992 à 1998. (Photo Presse-Sports)

«Qu’est ce qu’un PSG-OM pour vous ?
Vincent Guérin : Avant, c’était surtout un choc sportif, l’affiche entre deux grandes équipes et des générations exceptionnelles. Aujourd’hui, ces matches ont sûrement moins d’attrait qu’auparavant et, quelque part, un peu moins de saveur.
Franck Sauzée : A l’époque, ça ressemblait aux Milan-Juve qui se jouent en Italie. Il y avait une question de suprématie nationale en jeu. Surtout, il y avait une profonde rivalité pour le titre entre les deux plus grands clubs français. Quand on allait à Paris, on avait une mission. Nous étions pas mal de Marseillais en équipe de France, alors les médias essayaient de créer des tensions avec les Parisiens. Aujourd’hui, ça reste le match de l’année, mais il a perdu de son lustre.

Comment se vit un clasico ?
V.G. : Personnellement avec recul et décalage. Il y a beaucoup d’agitation autour de cette rencontre et il faut essayer de l’aborder avec distance. Ce n’est qu’un match de football et la notion de plaisir est à garder en tête. Mais il y a une telle effervescence. Ce sont surtout les supporters qui le prennent pour le sommet de l’année.
F.S. : L’ambiance était électrique. Les deux clubs faisaient monter la température. La pression, on la ressentait quinze jours avant le match. Nous, on essayait de ne surtout pas le jouer dans la tête avant. Le contexte était étouffant.

 

Sauzée : «Un peu honte d’avoir donné une telle image» 

Quel est votre meilleur souvenir d’un PSG-OM ?
V.G. : Les deux matches où j’ai marqué. Un but au Parc (1-1, le 15 janvier 1994, Ndlr) et un autre au Vélodrome (défaite 3-1, le 29 mai 1993, Ndlr).
F.S. : C’est celui de 1989, où j’ai la chance de marquer dans les dernières secondes. On sent comme une délivrance. Cette victoire nous permet de revenir dans la course au titre. Ce match a été un vrai tournant. Il nous a permis d’être champions en fin de saison.

Et votre pire souvenir…
V.G. : C’était plus dans les avant-matches où l’ambiance était détestable et malsaine. Cela dépassait le cadre du sport et je n’aimais pas ça.
F.S. : Incontestablement le match qu’on remporte 1-0 en décembre 1992. La semaine précédant la rencontre, Artur Jorge, l’entraîneur du PSG, avait dit dans une interview à L’Equipe que Paris allait nous marchait dessus. Bernard Tapie nous a affiché la Une du journal dans le vestiaire pour nous motiver. Nous passions devant tous les matins. Pour marcher sur Di Meco, Angloma, Desailly et Boli, il fallait se lever de bonne heure ! Ça a été un match très engagé, qu’on a gagné grâce à un but de Boksic. Il fallait répondre dans l’impact physique. On l’a fait. Après coup, on a un peu honte d’avoir donné une telle image…

 

Guérin : «Comme un supporter» 

Comment allez-vous vivre la rencontre de dimanche ?
V.G. : Je porte le PSG dans mon coeur alors je le vivrai comme un supporter. Je serai au stade, comme tous les ans. Ce sont toujours des matches intéressants entre deux villes fortes, deux clubs qui marquent. Et il y a de très bons joueurs.
F.S. : Mon coeur est Marseillais. Mon passage à l’OM est plus qu’une tranche de vie professionnelle. Ça a marqué ma vie tout court. Je serai donc évidemment derrière l’OM dimanche. Mais je m’attends à un match très, très serré.

Votre pronostic.
V.G. : Par rapport à la saison passée, l’écart s’est resserré entre les deux équipes. Je dis 3-2 pour Paris avec des buts d’Hoarau et Erding.
F.S. : Je vois bien un match nul débridé, avec des buts. Paris joue vraiment très bien depuis le début de saison. Marseille n’a pas encore exprimé tout son potentiel. Mais je pense que les forces peuvent s’équilibrer sur ce match. Allez, je signe pour un 2-2.»